MASTERPLAN DU ZOO D’AMIENS

Au mois d’Avril 2019, Actu’Zoo s’est rendu à la réunion publique au cinéma Gaumont d’Amiens Métropole concernant la présentation du projet du futur parc zoologique de la ville : « Le Zoo fait son avant-première ».

Plus de 900 personnes ont pu découvrir, sur grand écran, les différents travaux d’extension et de rénovation pour le nouveau visage du zoo. Il s’agissait d’une présentation d’une heure et demie où différents acteurs du projet sont intervenus auprès du public. Le futur zoo d’Amiens permettra au public de parcourir le tour du monde sous l’impulsion d’une icône de la ville, Jules Verne.
Nous présenterons à travers cet article détaillé, la totalité des secteurs modifiés et espaces qui seront créés, auxquels seront accompagnés des images illustratives du nouveau zoo d’Amiens et une vidéo de présentation ci dessous.

Les modifications sur le parc existant 

Premièrement, la rénovation du pavillon bleu en restaurant du parc zoologique d’Amiens a été confiée à l’entreprise SOCREA (maitres d’œuvres) 

Le pavillon bleu est une « folie romantique » du 19ème siècle, auquel les amiénois sont très attachés. Acquis par la ville en 2013, sa parcelle triangulaire est en presqu’ile, accolé au zoo, ce qui permettra l’accès direct de ses visiteurs pour une pause déjeuner pittoresque. Il est en bordure de la promenade de la basse Seine et il sera accessible directement par les amiénois sans être obligé de passer par le zoo, grâce à la conception d’une passerelle ». Notons que cette ancienne discothèque est un bâtiment composé de brique et de bois (comme nous le constatons sur l’illustration), ayant souffert de l’usure du temps et de l’exposition des structures aux intempéries.
Depuis le 18e siècle au cœur du parc de la Hotoie, le pavillon bleu fut aménagé en auberge. Aujourd’hui le bâtiment se compose d’une première partie à l’ouest d’une auberge qui prit le nom de « la laiterie de la Hotoie » qui fut étendue en 1898 par l’architecte Amiénois Anatole Bienaimé.

L’équipe SOCREA s’attache à travailler avec les fondations déjà créés du pavillon bleu :
 Ce que nous avons vu et ce qui reste sur site constitue notre corpus pour le projet, vous l’aurez compris nous avons abordé le projet avec l’objectif de restituer un maximum d’éléments originels de ces détails si séduisants de cette époque. 

Le projet de la réhabilitation du pavillon bleu au zoo d’Amiens propose à la restitution, de nouvelles façades colorées par l’alternance de brique rouge et grise, charpentes apparentes peintes en bleu et blanc fidèle aux couches originels… L’accès au site pourra s’effectuer depuis le parc zoologique grâce au portail japonisant de l’ouest reconstruit dans l’axe du bâtiment. A noter que la salle principale en double hauteur sera prolongée par la véranda vers le côté du zoo. Cette réhabilitation est une occasion pour proposer une nouvelle décoration intérieure, en rassemblant l’esprit des guinguettes et des brasseries du début du 20e siècle. Ils ont rassemblé les thèmes qui ont orientés les propositions : la présence du végétal, les guirlandes foraines, les sols en graniteux et mosaïques, le bar en étain, la terrasse et le mobilier. On peut également deviner grâce à l’illustration présente ci-contre, une volonté d’obtenir à l’intérieur une ambiance « extérieure de guinguette » grâce à un arbre positionné au cœur du restaurant, qui rappellera également la dimension propre du parc d’Amiens, la nature. 

Après plusieurs mois de travaux, le Pavillon bleu a ouvert officiellement ses portes lors de l’ouverture du Zoo d’Amiens le 19 mai dernier.

Le zoo d’aujourd’hui fera l’objet de rénovation, une transformation profonde mais douce qui a nécessité l’avis et les idées que pouvaient avoir le public : « On a commencé à regarder ce qui plaisait aux gens dans le zoo sur les réseaux sociaux, commentaires, discussions. On a analysé ce qui fonctionnait bien et on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’espaces qui étaient appréciés notamment toutes les iles avec les singes et les gibbons, la mini ferme, l’enclos des casoars, l’enclos des otaries : l’objectif n’est pas de tout refaire mais faire une transformation douce (dans certains enclos qui fonctionnent bien, en très bon état) et peut être certains enclos à améliorer pour le confort des animaux et la qualité de présentation. »  Il y aura également un travail concernant l’environnement du site qui dispose d’une panoplie de plantations, puisqu’il s’agit d’un parc zoologique mais également botanique où il y a une vraie qualité dans la promenade du zoo liée à la présence végétale et aux arbres : « On essaye de préserver tous ces arbres et on essaye de faire ce projet autour des arbres, autour des bras d’eau et des enclos animaliers que l’on a conservés. » 

Le projet du zoo s’organise autour de grands secteurs où les animaux seront regroupés en fonction de leurs origines. À travers ces zones, le but est de créer des paysages qui sont en cohérence avec les animaux : « L’objectif est de présenter des animaux d’Asie dans une ambiance asiatique et nous travaillons avec des végétaux asiatiques et des dispositifs paysager pour les évoquer. Il s’agit de retrouver la biodiversité dans le plus large spectre du règne animal avec des primates, des oiseaux, des serpents, des insectes appartenant à chaque biotope. »

Les futurs secteurs concernant le zoo d’aujourd’hui uniquement :
– La zone « Archipel », nichée dans un environnement asiatique, ouvert en 2020 
– Un secteur appelé « l’Equateur » qui concerne notamment toutes les îles des singes que le zoo abrite aujourd’hui ;
– Le secteur « Rivière » qui concentrera les oiseaux de bords d’eaux notamment les pélicans ainsi que les flamants roses
– Une zone « Marigot » où les équipes s’appuieront sur les bras d’eau qui sont présents sur le site ;
– La zone « Rivage » dont fera partie l’équipement zoologique des otaries d’aujourd’hui, et qui a ouvert en 2020
– Puis au centre du zoo d’Amiens se présentera l’espace « Clairière » qui va réintégrer la mini ferme.

La zone "Archipels", ouvert en 2020

« L’animal totem » de ce secteur est sans aucun doute le tigre de Sumatra mais une trentaine de petites et grosses espèces les ont également rejoints :  Cette articulation entre petites et grandes espèces signifie qu’il faut créer de parfaites conditions de présentation pour le public mais aussi de conforts pour les animaux.  Les enclos sont comme dans beaucoup de parcs zoologiques du globe, habités par des mélanges d’espèces :

On veut avoir des enclos où on mélange les animaux comme dans la nature, ici une partie rivière où pourront aller jouer les loutres et une partie beaucoup plus haute où évolueront les panda roux. Comme on peut le constater sur ces images, tous les enclos bénéficient de différents points de vue pour observer les animaux selon leurs positions et ce qui va permettre de diversifier les ambiances pour le visiteur.

Comme l’enclos des tigres qui présente une dimension spectaculaire avec la création d’une grande structure d’aquavision pour voir le tigre nager– car on oublie trop souvent que le tigre aime l’eau et aime nager – et une vision sur sa partie terrestre. A noter que les visiteurs passe à côté de la cascade qui appartenait aux éléphants d’Asie pour qu’ils puissent la voir de près. L’ancien enclos des cobes de Lechwe partis à Majorque, a été intégré à la zone « Archipels » pour accueillir les sangliers des Visayas du parc et les cerfs du Prince Alfred.

 

Archipels s’étend sur 9450 m² et se compose de 7 enclos et d’un vivarium de 200 m² qui ouvrira en 2021 avec des alligators de Chine ou des tritons à ventre de feu en autres.

La zone "Equateur"

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Ce secteur présentera toutes les îles que les visiteurs ont l’habitude de voir, notamment l’ile des gibbons. Seront présents les espèces d’aujourd’hui (tamarins, casoars, chiens des buissons) mais la collection va davantage s’intensifier avec des oiseaux dont des calaos festonnées qui viendront dans le zoo un peu plus tard.

La zone 'Rivage", ouvert en 2020

Dans cette zone remaniée du zoo actuel, l’actuel bassin des otaries a été complété par un tout nouveau bassin des manchots :  Ce nouvel enclos permet de voir les manchots en visions subaquatique pour les voir s’épanouir mais aussi sur sur des visions terrestres car c’est également intéressant de les voir se comporter différemment sur la terre. »
A noter que les secteurs que l’on connait aujourd’hui, « la grande singerie » et « la petite singerie » seront conservées sur le tracé du parc pour poursuivre vers la future zone « Africaine ». Les volières du « Chalet » ont été également conservées et rénovées au printemps pour le confort des animaux qui y logent dont les écureuils de Prévost !

D’une superficie de 2800 m², Rivages est la plus petite des 8 nouvelles zones du parc et invite à découvrir la faune marine de la côte ouest des Amériques.

La zone centrale dite "Clairière"

Cet espace sera le lieu des animaux qui ont une relation avec l’homme : les cochons, les alpagas, les chèvres, mais aussi des animaux plus petits qui ont également une relation avec les humains tels que le rat et la blatte (une palette d’espèces très différentes qui peuvent nous côtoyer tous les jours). Il s’agit d’un des rares secteurs où nous pourrons entrer en contact proche avec les animaux (si ce n’est le contact émotionnel à travers le regard de l’animal), mais pas que… 

L’objectif dans cette zone est également de parler de l’élevage et de l’agriculture où des jardins seront associés à ce secteur.
A noter que la collection animale de la zone accueillera également des lynx. Dans cette zone qui « semble plus ouverte » au public, les lynx prendront la place des servals. Les lynx représenteront l’interface des prédateurs/humains puisque cette problématique est très actuelle en France avec un rapport difficile concernant les grands prédateurs : l’ours, le loup et le lynx. Le message est d’illustrer la cohabitation parfois difficile entre les grands prédateurs et l’homme.

La zone "Rivière"

Le secteur « Rivière » permettra de retrouver la plupart des animaux qui existent déjà dans les collections actuelles du zoo mais qui sera légèrement déplacé pour les flamants roses, les pélicans ou encore les grands et petits ducs.

La zone "Marigot"

« Le Marigot » abritera une grande collection d’espèces principalement sud-américaines comme un éventail d’espèces de poissons, la création d’une « volière pénétrante de 2000m²», pour rentrer dans la structure avec différents animaux dont des oiseaux en liberté où tapirs et les capybaras :  L’immersion avec les oiseaux sera totale et proposera une toute nouvelle expérience dans le parcours de visite. Une passerelle, surplombant la rivière du zoo sur près de 70 mètres, permettra au public d’explorer les lieux. Un vivarium de 170m² accueillera serpents aquatiques, amphibiens, mygales et poissons d’eau douce. Enfin l’enclos actuel des manchots sera détruit pour faire de la place à cette nouvelle zone.

La future extension du Zoo d'Amiens Métropole

La nouvelle entrée du zoo d’Amiens

Le secteur qui sera issu de la zone d’extension du zoo se prénommera la zone « Tropique » qui correspond à l’Afrique tropicale et à la zone « Savane » correspondant à l’Afrique sèche :  La future extension du zoo ajoutera 2 hectares supplémentaires au parc actuel. On trouvera pour compléter le parcours, une serre tropicale à la forme ovoïde pour ensuite longer une plaine africaine afin de finir ou de commencer vers le nouveau bâtiment d’entrée (qui sera mieux identifiable que l’entrée actuelle). Il y aura un nouveau parvis où les gens pourront venir depuis les rues proches du parc ». 

En effet, les visiteurs arriveront vers une architecture très atypique qui va donner l’image d’un tout nouveau « zoo rénové ». Le bâtiment tout en longueur, viendra border le nouveau parvis, composé d’un certain nombre de fonctions : ateliers (partie la plus basse) le pôle technique, locaux pour l’administration, l’entrée du parc zoologique (partie la plus haute) pour les visiteurs… Ces volumétries viennent se raccorder aux habitations existantes de la rue pour pouvoir faire une articulation en douceur. Le futur bâtiment symbolique du zoo sera une structure bois, en pré fabriqué, qui sera très rapidement construit pour faire très peu de nuisance pour l’environnement et les habitants du zoo :

Les écailles qui habilleront la façade sont de peupliers rétifié. Ce tout nouveau bâtiment suscitera la curiosité grâce à forme mouvante et évoquera intégralement l’univers du zoo : les écailles de peupliers ressemblent à des peau de reptiles ou peut même représenter le plumage d’oiseau. La construction, pensée de façon « douce », a pour but de s’effacer derrière l’environnement paysager du parc. »

La serre tropicale

La serre tropicale de 3000 m2 se présente comme « une énorme bulle » posée au beau milieu des arbres dans le zoo. Il s’agira d’un ouvrage qui va permettre aux visiteurs de rentrer en immersion dans l’univers tropicale (grâce à un éventail de collection animalière). La serre va varier de 5 à 12 mètres de hauteurs ce qui permettra la plantation de vraies grands arbres et d’immerger les visiteurs dans une ambiance tropicale véritable, avec des oiseaux ou encore des singes en totale liberté… 

La grande serre deviendra vraisemblablement un bâtiment dominant et emblématique de la ville venue se poser dans le zoo historique. Le parcours commence après l’entrée du parc pour descendre légèrement un peu en dessous du sol en allant vers les bassins de la serre.
Le parcours fera une boucle (les visiteurs passeront d’abord en bas et remonteront ensuite vers un parcours en hauteur avec des passerelles, comme on peut le deviner sur ces photographies). En premier temps, la zone des bassins se situe juste en dessous du niveau du sol où nous pourrons admirer les différents animaux évolués dans l’eau dont les faux gavials et les hippopotames nains dans le deuxième bassin.

Ensuite, une passerelle présente au-dessus de l’enclos permet d’avoir une luminosité particulière sur les grandes vitres du bassin ainsi qu’une meilleure visibilité. La suite du parcours (qui sera habilité pour les personnes handicapés) conduit au-dessus des bassins des gavials et des hippos nains pour pouvoir observer les animaux sous un autre angle.

Cette partie haute se situe à 3 mètres au-dessus de l’entrée principale. Le parcours nous conduit vers la sortie de la serre à 3 mètres de hauteur où l’on arrive vers un belvédère permettant d’observer le grand enclos des savanes.

La plaine Africaine

L’objectif de l’espace est de représenter la diversité de la nature Africaine : une grande plaine de 7000 m²  pour observer un éventail d’espèces avec les girafes, les zèbres, les oiseaux dont des autruches ou encore des pintades. Toutes ces espèces seront mélangées dans un seul et unique grand espace pour obtenir l’effet d’immensité recherché pour le confort des animaux.

A noter que le belvédère à la sortie de la serre dominera cette savane comprenant une vue sur les animaux qui semblent en liberté sans aucune limite forte (aucune grille et dispositif brut mais la présence de soutènement) et en donnant une impression de nature.  Les visiteurs disposeront d’un garde-corps qui proposera une vue complétement dégagée sur la plaine africaine. La sensation de barrière et d’enfermement sera limitée pour proposer des espaces plus grands et plus ouverts aux visiteurs. Les servals et suricates compléteront cette diversité des espèces arides de la savane.

Que retenir?

Ce renouveau du parc zoologique est un point fort pour toute l’équipe du parc zoologique, des différents architectes, des services d’Amiens Métropole, avec près de 3 ans de travail et de réflexion, dans le soucis de l’accueil du public et le confort des animaux. Il s’agit de rénovations respectueuses et d’extensions ambitieuses du patrimoine naturel.

Echéancier du projet :
Ouverture de “Archipels” : Déjà ouvert & “Vivarium” au printemps 2021
Ouverture du restaurant « Le Pavillon Bleu » & snack “Le Carbet” : printemps 2021
Ouverture de “Rivages” : Déjà ouvert
Nouvelle entrée du zoo d’Amiens Métropole : printemps 2023
Ouverture  “Savanes  : printemps 2024
Ouverture  “Tropiques” : 2026
Rénovation de “La Clairière”, du “Marigot”  et des secteurs “Equateurs” et “Rivières” d’ici 2023.

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